La trompe de chasse est un instrument de musique français en cuivre ou laiton, utilisé pour la vénerie. Issu des instruments de communication cynégétiques venant de la nuit des temps signalant par des sons lents ou courts, aigus ou graves, les différentes situations pendant la chasse. Ces instruments étaient faits de cornes d'animaux, de bois puis de cuivre. Les langages exploités par ces instruments s'appelaient les cornures. On chassait alors "A cor et à cris".

Sous Louis XIV
La trompe à un tour et demi comporte deux modèles, le modèle de 1680 et celui de 1689. Le premier fut utilisé tout d’abord par la Vénerie de Louis XIV en 1680. C’est une trompe circulaire à un tour et demi de 0,48 m de diamètre, de 2,27 m de longueur déployée. Cette trompe est en ut majeur. Les tubes ont 12 millimètres de diamètre et le pavillon 14 centimètres et demi de diamètre, le tour est renforcé par une bordure en cuivre montrant une « guirlande » ou « dentelle » en creux, le tout est surmonté de petits ornements représentant un coquillage en plein, caractéristique de l’époque de Louis XIV.

Sous Louis XV
Deux modèles de trompes apparaissent sous Louis XV. Le premier modèle du marquis de Dampierre fait son apparition officielle en août 1723. Il a 4,05 m de longueur déployée et 0,72 m de diamètre environ. Cette trompe en ré est fort douce à sonner, mais très embarrassante à tenir, vu son énorme diamètre, qui a rapidement provoqué son remplacement. Le second modèle est celui de 1729 et il a subi de grandes modifications ; la longueur déployée est de 4,545 m et elle est enroulée à deux tours et demi. Le diamètre est d’environ 0,60 m. Lebrun, fournisseur du Roi, a lancé cette trompe en 1729 au moment de la naissance du Dauphin et l’a baptisée pour cette raison La Dauphine. Ce modèle a été utilisé jusqu’en 1814, mais il a reçu en 1831 la dénomination de trompe Dampierre ou « à la Dampierre ».

En 1817 apparaît la demi-trompe à trois tours et demi. Ce modèle fut exécuté par Raoulx et son successeur. Notons cependant que son pavillon a été perfectionné par un ouvrier nommé Périnet, qui a découvert par des essais successifs quel était le modèle le plus favorable à l’émission du son (1855). En 1831 se généralise cette Trompe dite à la d'Orléans (trompe utilisée aujourd'hui).

Les différents modèles

Dampierre
La Dampierre , longueur 4,545m
Enroulement : 1 tour et demi

La Dauphine , longueur 4,545m
Enroulement : 2 tours et demi
La D'Orléans , longueur 4,545m
Enroulement : 3 tours et demi



Le travail de l'instrument

Bases musicales
La gamme naturelle en ré

L'harmonie
Accord, intervalles, 2, 3, 4 sons, les accords renversés, le sol continu, les écarts justes, les tons bouchés (sons artificiels)

Technique de l'instrument:
- la respiration et l'attaque
- le vibrato, le son plat et le maintien du son
- le piqué, le son de cloche et l'hourvari
- le taïaut, le ton simple et le roulé
- la finale et l'arrêt de la note
- le rythme, le temps fort et la ponctuation
- le volume et la cadence
- l'expression : caractère de vénerie, pleine trompe, diction, articuler, phrasé, l'enchaînement, personnalité et interprétation
- l'émission du son : le forte, le radouci, les nuances, les notes d'agrément, le mordant.

La chasse et la musique

La musique de chasse, spécifiquement française, est fort peu connue chez nous. L'originalité, le prestige, le pittoresque sont les titres de noblesse de la trompe. Ses sons majestueux traduisent la joie, l'exaltation qu'éprouve le chasseur en pleine action : ils suscitent un véritable sentiment de bonheur. Un tissu de mythes, de légendes, de coutumes et de traditions romantiques a toujours accompagné cet instrument.
Le code et l'éthique cynégétique sont difficiles à cerner.

La plupart des gens se contentent d'observer les animaux sans éprouver le besoin de les tuer. Le chasseur ajoute à ces plaisirs de la nature ceux de la prise, de la gastronomie et de la musique.
Cet attrait de la chasse semble assez communicatif : environ 450 chasseurs s’y adonnent dans le Jura, un canton dont plus du 40% du territoire est recouvert de forêts.

 

Adapté d'un texte de feu Willy Linder, membre d'honneur de la Fédération Cantonale Jurassienne des Chasseurs et de la Diana de Delémont